UN CHÂTEAU FRANÇAIS ET LE JARDIN DES MERVEILLES ERICH ENGELBRECHT

Le Château des Fougis est aujourd’hui la propriété privée de la famille Engelbrecht. Il est habité toute l’année. C’est l’artiste ERICH ENGELBRECHT qui en avait fait l’acquisition en 2001.

Sa construction (1595), en briques rouges et noires appareillées est typique de la Renaissance bourbonnaise . Il intègre des appartements privés, une galerie d’exposition, et se trouve entouré de diverses dépendances : orangerie,  cour et promenades.  En particulier un « jardin merveilleux » où l’on peut découvrir 28 sculptures monumentales en acier peint créées par Erich Engelbrecht.

Les sculptures ont été disposées aux Fougis à la fin de sa vie, dans le cadre du projet de concentration de son oeuvre qu’il a lui-même initié. Il leur a donné à cette occasion une dimension encore plus imposante que dans le passé (s’élevant à plus de 10 mètres de haut et pesant parfois plus de 100 tonnes).

Le Forgeron. Erich Engelbrecht, 2002.

Visibles en partie depuis la voie publique, elles sont réparties dans les prairies vallonnées pour être contemplées à loisir depuis le chemin de visite intérieur. Ces sculptures qui entourent le château, sont un point d’intérêt majeur pour l’art moderne de portée internationale dans la région. Elles ne manquent pas d’attirer l’attention des voyageurs de tous bords, traversant l’Auvergne à cet endroit (leur spectacle mérite le détour particulièrement en début, ou en fin de journée).

Un cadre fait de patrimoine et d'esthétique
Le projet esthétique du jardin des sculptures modernes englobe le château, dont la construction date de 1595 et intègre un plan d’ensemble tout comme celui partiellement réalisé par l’architecte des jardins François-Marie Treyve, sous Napoléon III. Émergeant de son lointain passé prestigieux, le château des Fougis reprend ainsi vie, comme magnifique coulisse des sculptures modernes. Les œuvres d’art invitent à faire voyager la pensée sur ce site imprégné du patrimoine culturel français. Leur conception, elle-même liée aux fables et contes fantastiques d’une lointaine tradition littéraire, forment un nouvel ensemble visant aussi à faire briller l’architecture  sous un nouveau jour, d’un éclat doucement onirique. Ces lieux prétendent offrir au visiteur qui s’égare dans ce paysage, pourtant déjà riche en joyaux de la Renaissance, une expérience entièrement inattendue et hors du temps. Erich Engelbrecht s’est attaché à réaliser un agencement méthodique et symbolique de ses oeuvres au point de consacrer les 10 dernières années de sa vie à cette démonstration spectaculaire, dévouée au plaisir des yeux et de l’esprit. Le processus antérieur de la création, poursuivi avec détermination par l’artiste, aura duré ainsi plus de 50 ans. Aux Fougis à Thionne, le sculpteur a créé une promenade longue de 1,2 km qui prend la forme d’une ancre de bateau géante, s’étirant dans le panorama champêtre. Dans ce contexte, l’ancre marine demande a être interprétée comme la connexion constante de notre esprit aux images de l’inconscient, aspirant à guider les pensées du visiteur afin de lui faire découvrir si possible, le sens dissimulé de son propre cheminement spirituel. [/spoiler]

La propriété comprend également trois maisons historiques aménagées pour des invités et visiteurs occasionnels.

Il y a 500 ans, dans ce lieu plus ancien que le château lui-même, des tuiles d’argile étaient fabriquées pour les toitures du pays. La petite maison a été récemment rénové avec soin et possède toujours son four traditionnel à bois pour la cuisson du pain..

  • Les divers bâtiments traditionnels des communs permettent d’organiser les événements collectifs et des réceptions culturelles pour environ 80 personnes. Les constructions sont entourées de plus de 130 hectares d’anciens pâturages, de plusieurs étangs de pèche, de routes de gravier et de sentiers pédestres à travers les bois.

Visites

Visiter les jardins du château des Fougis.

Conditions d’accès aux installations et horaire

Cette année, le parcours de visite de l’exposition est ouvert uniquement sur réservation.


Les activités de l’association des amis des Fougis,

Des cours de pratique artistique, séminaires, etc… sont proposés occasionnellement par l’association des « Amis des Fougis ». Vous pouvez vous tenir informé des conditions et places disponibles en demandant votre inscription sur la « lettre de l’association ».

CONTACT
Prière de convenir toute visite sur rendez-vous uniquement, à l’adresses suivante :

Association des Amis des Fougis
Les Fougis
03220 THIONNE

a m i s @ f o u g i s . c o m
Tel  +33 (0)373 27 01 21  (appel les après-midi de 14h00 à 18h00)

Accès par la route

Parking

Les visiteurs sont invités à laisser leur véhicule au parking de l’étang. L’ accès se fait par la route de Goyette, côté nord. Après la sortie de la D161 à « La Tuilerie », continuer sur 600m et prendre le premier chemin à droite.

Passée la digue de l’étang, tous les véhicules se garent sur le parking situé directement après le chalet vert. Rejoignez ensuite le bâtiment de l’orangerie par le chemin pédestre fléché (accueil). Un responsable de l’association vous accueillera durant les horaires d’ouverture.

Attention: l’allée principale du château est réservée aux habitants de la propriété ou aux personnes justifiant d’un handicap physique. Un emplacement spécifique au bout de l’allée, devant les communs est réservé à leurs véhicules. Veillez à  éviter de conduire et de vous garer sur les surfaces en herbe le long des chemins.

Télécharger le plan d’accès des Fougis en PDF

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Localisation

Les Fougis sont accessibles par la route de campagne pittoresque D161 qui relie les villages de Thionne et Chapeau, sur le canton de Jaligny-sur-Besbre (6Km). La gare ferroviaire la plus proche est à 16 km (Dompierre-sur-Bresbre) (Note: le centre commercial local U loue des également véhicules, sur réservation).

Environs géographiques

La ville de Moulins (préfecture départementale et centre historique de la Renaissance) est à 30 minutes. Vichy – ville thermale inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO – est située à 40 km au sud (architecture thermaliste du Second Empire). Les deux villes disposent de petits aéroports de plaisance.

Clermont-Ferrand sur la « Chaîne des Puys » (paysage volcanique inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco) – principale ville d’Auvergne pour la culture et l’industrie, se situe à 100 km.

Lyon est à 2 heures de trajet en voiture. Les visiteurs qui arrivent par avion à Lyon pourront facilement louer un véhicule à l’aéroport. Le train relie Paris à Moulins en 2h30. Genève est la métropole étrangère la plus proche, située à 3 heures de route.

Erich Engelbrecht, propriétaire des Fougis (2001-2011)

Erich Engelbrecht né à Bielefeld en Allemagne en 1928, était ingénieur, diplômé en électrotechnique, mécanique et économie au sortir de ses études de l’université de Hanovre en 1954, mais il s’est vu avant tout, comme artiste. En 1960, après avoir travaillé à des projets industriels importants, il a embrassé pleinement sa vocation artistique. Son expérience technique continuera de jouer un  rôle non négligeable dans ses œuvres, surtout pour les aspects architecturaux et la fabrication de sculptures monumentales.

 

Le contexte de l’exposition de l’oeuvre aux Fougis

Erich Engelbrecht , malgré une exposition individuelle montée en 1969 par le Musée d’art moderne de Bielefeld peu de temps après son ouverture (1), s’est tenu hors des grandes modes artistiques. A la fin de sa vie, il est venu recréer et rassembler l’essentiel de son œuvre qui s’étale sur plus de 50 ans,  dans une commune rurale française de 330 habitants, à Thionne, au Château des Fougis.  Ses grandes sculptures  sont conçues selon des principes de fabrication élémentaires en apparence – il s’agit principalement de « tôles » d’acier très épaisses, découpées précisément le long d’une courbe dessinée puis mises debout, mais leur réalisation dans ce contexte constitue néanmoins une gageure.

Dans ces masses d’acier, la surface vide se veut aussi lourde de sens artistique que le plein. Les images ainsi dessinées peuvent mesurer jusqu’à 12 mètres de haut et jouent sur l’ambiguïté des symboles cachés, à la frontière de l’abstraction.

Sans quitter le monde évanescent des mythes et des contes de fées auquel leur titre fait souvent référence, en marge de leur apparence ludique, ces œuvres abordent  aussi le traumatisme psychique plus grave pour l’artiste, d’avoir encore dû participer comme très jeune adolescent soldat à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et d’avoir vécu la « psychose destructrice » du nazisme.

 

L’inspiration de l’oeuvre

Au-delà de l’aspect graphique abstrait, on retrouve beaucoup l’influence de la philosophie jungienne et de la philosophie orientale taoïste dans tout l’oeuvre exposé au château des Fougis. C’est donc une coïncidence bienvenue que les études de la philosophie taoïste ou jungienne, chacune autrefois bien développées en France, reviennent sur le devant de la scène aujourd’hui après une assez longue période d’absence.

 

Thématique des contes et sagas

Erich  Engelbrecht représente donc ce que le philosophe Carl Jung a le premier, tenté de décrire comme étant des « archétypes de la pensée humaine ». Ces archétypes qui ont souvent été reproduits de manière similaire dans les contes de fées et récits mythologiques (le lion pour le courage, le taureau pour la force, etc.), fournissent depuis toujours le prétexte aux œuvres artistiques.

C’est l’universalité du langage des contes de fées, des mythes et des archétypes de la pensée humaine qui font aussi le sujet des sculptures de Engelbrecht. L’artiste semble avoir transposé ses mécanismes, dans son propre langage articulé de signes graphiques, à la limite de l’abstraction et de la poésie. Les divers personnages, animaux ou objets se mêlent et s’imbriquent ainsi – ensemble, au sein d’une même sculpture. Le sens global ne se révèle donc pas entièrement au premier coup d’œil. Le public est invité plutôt à décoder progressivement l’allégorie grâce à une observation  prolongée de l’œuvre. L’intégration de thèmes fantastiques et de contes de fées rend cette démarche accessible à tous les âges.

 

L’influence taoïste et l’ouverture d’esprit

Le taoïsme chinois aura beaucoup affecté les pensées d’Erich Engelbrecht, lecteur assidu du  livre des « transformations » ( le Yi Jing ou  « 5e pillier littéraire » de la culture chinoise classique). Il y a eu accès sans doute par le biais des écrits de Carl Jung également. Jung s’était lié d’amitié avec Richard Wilhelm, le célèbre traducteur  du Yi-Jing dans sa version allemande la plus populaire et avait œuvré principalement au succès de la publication. Les écrits de Jung sur la psychologie du développement personnel ont été du reste passablement influencés par l’approche moderne de cette traduction « taoïste » de Wilhelm, en particulier le concept de synchronicité et le développement de soi (2) –  encore plus que par la culture hindoue.

Erich Engelbrecht a intégré des dimensions taoïstes dans son œuvre artistique comme il leur donnait une importance réelle dans son quotidien. Ainsi, le visiteur de l’exposition pourra utiliser ces idées comme clés d’interprétation des œuvres rassemblées aux Fougis, et au-delà peut-être même, ressentira-t-il l’inspiration du livre des « transformations », concernant cette difficile faculté de l’ouverture d’esprit, dont il est déjà question depuis des millénaires.

 

Pédagogie

Témoigner de l’originalité particulière de cette approche créative peut être un atout artistique et culturel concret pour la réflexion des jeunes gens de tous horizons, dès la période de leur scolarité même. Des projets pédagogiques avec l’administration départementale ont été menés en ce sens aux Fougis  sous la direction de Didier Lutz, dès 2013 .

Christine Engelbrecht

(1) son catalogue est repris à la bibliothèque de la Washington National Gallery  https://library.nga.gov/discovery/fulldisplay?docid=alma99236853504896&context=L&vid=01NGA_INST:NGA

(2) Coward, H. (1996). Taoïsme et Jung : Synchronicité et Soi. Philosophie Est et Ouest, 46(4), 477-495. doi:10.2307/1399493